La création d’une Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante du patriarcat russe pourrait mener à un nouveau schisme

Le projet du patriarche de Constantinople d’accorder un statut « autocéphale » – autonome vis-à-vis de l’Eglise russe – à l’Eglise orthodoxe en Ukraine pourrait provoquer un schisme au sein du monde orthodoxe. La Tribune de Genève a recueilli les avis des représentants du Patriarcat de Moscou et du Patriarcat de Constantinople au Conseil œcuménique des Eglises (World Council of Churches), basé à Genève. Si les relations interpersonnelles des deux hommes sont décrites comme « excellentes » par l’article, leurs positions sur la question ukrainienne semblent irréconciliables. Pour l’archiprêtre russe Mikhail Goundiaev, l’Eglise Ukrainienne jouit d’une autonomie de fait, garantie par une position qui serait apolitique. La demande d’indépendance ne serait, selon lui, qu’une manœuvre politique menée par une minorité. L’archevêque Job de Telmessos relaye pour sa part la position de l’Eglise mère, basée à Istanbul (Constantinople). A ses yeux, l’autocéphalie de l’Eglise ukrainienne permettrait de rassembler les fidèles orthodoxes ukrainien·ne·s. En effet, l’orthodoxie est actuellement représentée en Ukraine par trois mouvances différentes : une église loyale à Moscou, une église proclamée indépendante à la chute de l’Union soviétique et une autre, plus petite, séparée de la Russie de longue date.

« Le ‘schisme’ orthodoxe menace jusqu’à Genève », Tribune de Genève, 01.10.2018