Livres

Femmes, féminismes et religions dans les Amériques

Blandine Chelini-Pont et Florence Rochefort (dir.), Presses de Provence-PUP, 164 pages, 2018

 

Les études en sciences sociales des religions ont encore beaucoup à découvrir sur l’engagement concret des femmes dans les sphères religieuses et plus encore sur les divers féminismes religieux. L’urgence du questionnement sur les religions depuis les années 1990 et plus encore au début du XXIe siècle, avec la focalisation sur le genre des groupes fondamentalistes et néo-conservateurs, ont donné un nouvel écho à ces recherches. Le rôle actif des femmes au sein des religions a été étudié et notamment celui des congrégations féminines, puis ont été mis au jour les féminismes religieux, et plus récemment les mouvements dits inclusifs LGBTQI. Ce recueil se situe au cœur d’un vaste champ d’études qu’il faut continuer à explorer.

Choisir un lycée laïque en Tunisie

Emilie Pontanier, L’Harmattan, 392 pages, 2018

 

Quelles sont les stratégies et les attentes que révèle le choix d’un établissement laïque pour les familles tunisiennes et binationales en Tunisie ? La recherche présentée dans l’ouvrage étudie les formes de distinctions sociale, culturelle et cultuelle auxquelles ces familles aspirent et les stratégies qu’elles mettent en oeuvre dans ce dessein. La laïcité y est alors mobilisée pour légitimer le pluralisme des idées et des croyances, ce qui n’exclut pas des tensions entre le champ laïque et le champ religieux.

Identités religieuses et monde commun

Anne-Sophie Lamine, L’Harmattan, 242 pages, 2018

 

Pour cerner les relations entre identités religieuses et monde commun, cet ouvrage s’appuie sur des enquêtes portant sur des croyants de diverses religions. Il en propose sur une analyse pragmatiste, inspirée du philosophe social et politique John Dewey. Cette approche prend en compte le rôle des émotions et des attachements dans la croyance et dans ses perceptions. L’ouvrage ouvre aussi des perspectives sur le passage à la radicalisation du croire.

L’islam (in)visible en ville

Monika Salzbrunn (éd.), Labor et Fides, 280 pages, 2019

 

En combinant les perspectives des sciences des religions et des études urbaines avec l’analyse d’événements et de mises en scène artistiques et musicales, le présent ouvrage montre comment les acteurs musulmans performent leurs appartenances de manière situationnelle, dans le but de « faire communauté », mais aussi de se faire une place dans des espaces et des entités qu’il convient d’appréhender à différentes échelles : du voisinage de quartier aux réseaux transnationaux, en passant par les associations et les instances politiques.

Les espions de la terreur

Matthieu Suc, Harper Collins, 416 pages, 2018

 

Pour la première fois, une enquête révèle le fonctionnement des services spéciaux qui depuis Raqqa pilotaient les attentats du 13-Novembre, leurs techniques, leurs ressources, ainsi que le parcours du Français qui en fut la tête pensante. Un travail d’investigation colossal, qui s’appuie sur plus de 77 000 procès-verbaux de police et de justice, des centaines de notes des services secrets et sur une quarantaine d’entretiens conduits auprès de magistrats, d’officiers de renseignement, de victimes du terrorisme, de djihadistes et de leurs familles.

Les sensibilités religieuses blessées. Christianismes, blasphèmes et cinéma (1965 – 1988)

Jeanne Favret-Saada, Fayard, 544 pages, 2017

 

Depuis la parution des Versets sataniques de Salman Rushdie en 1988, nous nous sommes habitué·e·s aux accusations islamiques de blasphème contre des productions artistiques, ainsi qu’aux redoutables mobilisations qui les accompagnent. Or elles ont été préparées, dans l’Europe et les États-Unis des années 1960 à 1988, par celles de dévot·e·s du christianisme (dont parfois leurs Eglises) contre des films dont ils et elles voulaient empêcher la sortie. Quatre d’entre eux ont été visés successivement : Suzanne Simonin, La Religieuse de Diderot (Jacques Rivette, 1966) et Je vous salue, Marie (Jean-Luc Godard, 1985) ; Monty Python : La vie de Brian (1979) ; et La Dernière tentation du Christ (Martin Scorsese, 1988).
En se fondant notamment sur des archives inédites, Jeanne Favret-Saada propose une suite de récits qui relatent les ennuis de chacun d’entre eux, et la modification progressive de l’accusation de « blasphème » en une « atteinte aux sensibilités religieuses blessées ». Ce sont autant de romans vrais, qui retracent à eux tous un moment unique de l’histoire de la liberté d’expression.

Religions d’Abraham. Histoires croisées

Guy G.Stroumsa, Labor et Fides, 352 pages, 2017

 

Ce livre propose un parcours à travers l’histoire de la réflexion occidentale sur la religion, à partir du christianisme ancien en quête de son autodéfinition jusqu’aux précurseurs modernes de l’histoire des religions. Il nous entraîne au cœur de la fabrique d’une culture occidentale, au croisement du monde gréco-romain, du christianisme ancien et du judaïsme rabbinique.

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Mana. A History of a Western Category

Nicolas Meylan, Brill, 214 pages, 2017

 

Nicolas Meylan propose une histoire critique du terme mana dans l’imaginaire occidental. Emprunté aux langues mélanésiennes, « mana » a acquis le sens de « pouvoir surnaturel » dans les langues européennes. Cette analyse présente notamment l’usage de la catégorie dans les contextes coloniaux, les jeux vidéo ou encore les discours de la sorcellerie néo-païenne contemporaine.

 

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Bureaucratie et salut, devenir un dieu en Chine

Vincent Goossaert, Labor et Fides, 192 pages, 2017.

 

La « divinisation de soi » constitue en Chine une option originale dans l’éventail des possibles destins posthumes de l’individu. Dans ce livre, Vincent Goossaert réévalue le modèle d’un au-delà chinois peuplé d’ancêtres, et remet en lumière une alternative tout aussi crédible, si ce n’est plus enviable : celle pour l’homme de devenir un dieu.

 

 

(Un)Believing in Modern Society

Jörg Stolz, Judith Könemann, Mallory Schneuwly Purdie, Thomas Englberger, Michael Krüggeler, Routledge, 310 pages, 2016

 

Ce travail de sociologie des religions se propose d’aborder sous un angle nouveau la questions des rapports au spirituel et au religieux dans les sociétés dites « modernes » depuis les années 1960. S’appuyant sur le terrain suisse, les auteur et autrices de (Un)Believing in Modern Society construisent notamment une nouvelle théorie de la compétition entre « religieux » et « séculier ».