Livres

Political and Judicial Rights through the Prism of Religious Belief

Carl Sterkens, Hans-Georg Ziebertz (éds.), Springer, 2018, 305 p.

 

Cet ouvrage analyse les relations entre les droits religieux d’une part et les droits politiques et judiciaires d’autre part. A une époque où les mécanismes garantissant le fragile équilibre entre les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires subissent des pressions grandissantes, ce livre propose de précieux éclairages. Les contributions réunies dans ce volume présentent notamment les résultats de travaux empiriques menés sur les positions adoptées dans les jeunes générations et tendent à expliquer les différences de points de vues observées. Les auteur.e.s se sont intéressé à des aspects tels que les adhésions et pratiques religieuses ainsi que les positions personnelles en matière de droits politiques et juridiques à la fois d’un point de vue théorique et empirique.

L’Événement (im)prévisible. Mobilisations politiques et dynamiques religieuses

Laurent Amiotte-Suchet et Monika Salzbrunn (dir.), Beauchesne, 2019, 285 p.

 

Analysant les événements sous le prisme du politique et du religieux, les auteur-e-s appliquent leurs réflexions théoriques à des cas concrets. Entre crises sociales, rassemblements religieux, cérémonies mobilisatrices ou incidents politico-religieux, l’événement est au centre de l’analyse, à la fois prévisible et imprévisible, mais toujours aussi difficile à saisir dans son immédiateté.

Antisémitisme. Usages et mésusage du langage

Jacques Aron, Presses universitaires de Liège, 208 pages, 2018

 

En raison de leur destin singulier, les populations juives occupent dans l’imaginaire des peuples une place inversement proportionnelle à leur importance numérique. Voici près d’un siècle et demi, que le néologisme « antisémitisme », succédant à l’expression « question juive » et à la problématique de l’« émancipation des Juifs », est entré dans le langage courant, et s’est répandu d’un pays à l’autre pour désigner une forme de haine ethnique, de xénophobie, dont le caractère prétendument naturel a favorisé l’inflation sémantique, se projetant du passé le plus lointain vers l’avenir le plus incertain. Cet essai tend à lui rendre ses dimensions historiques, en rappelant le rapport permanent que la langue entretient avec les autres aspects de la réalité, avec les conditions matérielles d’une humanité en constante mutation.

Femmes, féminismes et religions dans les Amériques

Blandine Chelini-Pont et Florence Rochefort (dir.), Presses de Provence-PUP, 164 pages, 2018

 

Les études en sciences sociales des religions ont encore beaucoup à découvrir sur l’engagement concret des femmes dans les sphères religieuses et plus encore sur les divers féminismes religieux. L’urgence du questionnement sur les religions depuis les années 1990 et plus encore au début du XXIe siècle, avec la focalisation sur le genre des groupes fondamentalistes et néo-conservateurs, ont donné un nouvel écho à ces recherches. Le rôle actif des femmes au sein des religions a été étudié et notamment celui des congrégations féminines, puis ont été mis au jour les féminismes religieux, et plus récemment les mouvements dits inclusifs LGBTQI. Ce recueil se situe au cœur d’un vaste champ d’études qu’il faut continuer à explorer.

Choisir un lycée laïque en Tunisie

Emilie Pontanier, L’Harmattan, 392 pages, 2018

 

Quelles sont les stratégies et les attentes que révèle le choix d’un établissement laïque pour les familles tunisiennes et binationales en Tunisie ? La recherche présentée dans l’ouvrage étudie les formes de distinctions sociale, culturelle et cultuelle auxquelles ces familles aspirent et les stratégies qu’elles mettent en oeuvre dans ce dessein. La laïcité y est alors mobilisée pour légitimer le pluralisme des idées et des croyances, ce qui n’exclut pas des tensions entre le champ laïque et le champ religieux.

Identités religieuses et monde commun

Anne-Sophie Lamine, L’Harmattan, 242 pages, 2018

 

Pour cerner les relations entre identités religieuses et monde commun, cet ouvrage s’appuie sur des enquêtes portant sur des croyants de diverses religions. Il en propose sur une analyse pragmatiste, inspirée du philosophe social et politique John Dewey. Cette approche prend en compte le rôle des émotions et des attachements dans la croyance et dans ses perceptions. L’ouvrage ouvre aussi des perspectives sur le passage à la radicalisation du croire.

L’islam (in)visible en ville

Monika Salzbrunn (éd.), Labor et Fides, 280 pages, 2019

 

En combinant les perspectives des sciences des religions et des études urbaines avec l’analyse d’événements et de mises en scène artistiques et musicales, le présent ouvrage montre comment les acteurs musulmans performent leurs appartenances de manière situationnelle, dans le but de « faire communauté », mais aussi de se faire une place dans des espaces et des entités qu’il convient d’appréhender à différentes échelles : du voisinage de quartier aux réseaux transnationaux, en passant par les associations et les instances politiques.

Les espions de la terreur

Matthieu Suc, Harper Collins, 416 pages, 2018

 

Pour la première fois, une enquête révèle le fonctionnement des services spéciaux qui depuis Raqqa pilotaient les attentats du 13-Novembre, leurs techniques, leurs ressources, ainsi que le parcours du Français qui en fut la tête pensante. Un travail d’investigation colossal, qui s’appuie sur plus de 77 000 procès-verbaux de police et de justice, des centaines de notes des services secrets et sur une quarantaine d’entretiens conduits auprès de magistrats, d’officiers de renseignement, de victimes du terrorisme, de djihadistes et de leurs familles.

Les sensibilités religieuses blessées. Christianismes, blasphèmes et cinéma (1965 – 1988)

Jeanne Favret-Saada, Fayard, 544 pages, 2017

 

Depuis la parution des Versets sataniques de Salman Rushdie en 1988, nous nous sommes habitué·e·s aux accusations islamiques de blasphème contre des productions artistiques, ainsi qu’aux redoutables mobilisations qui les accompagnent. Or elles ont été préparées, dans l’Europe et les États-Unis des années 1960 à 1988, par celles de dévot·e·s du christianisme (dont parfois leurs Eglises) contre des films dont ils et elles voulaient empêcher la sortie. Quatre d’entre eux ont été visés successivement : Suzanne Simonin, La Religieuse de Diderot (Jacques Rivette, 1966) et Je vous salue, Marie (Jean-Luc Godard, 1985) ; Monty Python : La vie de Brian (1979) ; et La Dernière tentation du Christ (Martin Scorsese, 1988).
En se fondant notamment sur des archives inédites, Jeanne Favret-Saada propose une suite de récits qui relatent les ennuis de chacun d’entre eux, et la modification progressive de l’accusation de « blasphème » en une « atteinte aux sensibilités religieuses blessées ». Ce sont autant de romans vrais, qui retracent à eux tous un moment unique de l’histoire de la liberté d’expression.

Religions d’Abraham. Histoires croisées

Guy G.Stroumsa, Labor et Fides, 352 pages, 2017

 

Ce livre propose un parcours à travers l’histoire de la réflexion occidentale sur la religion, à partir du christianisme ancien en quête de son autodéfinition jusqu’aux précurseurs modernes de l’histoire des religions. Il nous entraîne au cœur de la fabrique d’une culture occidentale, au croisement du monde gréco-romain, du christianisme ancien et du judaïsme rabbinique.

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